mardi 21 mai 2019
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Histoire des collections contemporaines – La collection Courtauld

À la tête d’une entreprise prospère, un homme humaniste et philanthrope, sensible à la responsabilité sociale de son entreprise dans ses investissements ; c’est dans ce leitmotiv que nait la collection Courtauld, inititié par un couple de passionnés : Samuel et Elizabeth Courtauld, tous deux victimes d’une collectionnite entre 1923 et 1929, période durant laquelle ils constituent la majeure partie de leur collection. Avant-gardisme et impressionnisme ont leur faveur. Une folie qui voit naitre une des plus importante collection moderne au monde. Ils sont alors conseillés – ou influencés – dans leurs choix par le galeriste Percy Moore Turner, alors directeur de l’Independent Gallery.

Malgré l’achat des oeuvres par les collectionneurs privées, ils ne conservent pas jalousement leurs acquisitions dans leur salon, mais souhaitent les partager avec le grand public. Il se positionne alors comme pionnier de la démocratie culturelle. Il fonde la Courtauld Gallery à Londres en 1932. Est également créé un fond de dotation Courtauld pour les collections nationales, et le Courtauld Institute of Art, prestigieuse école supérieure, où est léguée l’intégralité de la collection Courtauld au décès de Samuel.

De nos jours, de plus en plus d’expositions sont consacrées exclusivement à des collections privées : les oeuvres majeurs d’avant-garde moderne sont une valeur sûre, très plébiscités par le public, curieux de découvrir une part intime dans la naissance d’une collection privée, afin de ressentir le rapport si particulier qu’entretient un homme avec une oeuvre qu’il possède. Privilège rare qui se démocratise. Sorte de biopic d’un collectionneur, ces expositions se prêtent aussi clés-en-main, ce qui facilite le travail de l’emprunteur, et permet au prêteur (en l’occurence, le Courtauld Institute of Art qui a hérité de la collection et doit veiller à sa bonne conservation) d’entretenir et diffuser la collection.

La faire vivre, en somme.

 

À voir

Fondation Louis Vuitton – « La collection Courtauld : le parti de l’impressionnisme« . Jusqu’au 17 juin 2019.

 

Visuel : Edouard MANET  « Un bar aux Folies Bergères » 1881-1882, Huile sur toile (96×130 cm) – Coll. The Courtauld Gallery, Londres