mardi 03 septembre 2019
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Boxe, culture : un duo mythique entre technique et discipline

 

Artistes peintres, sculpteurs, photographes, cinéastes, musiciens ou comédiens, la boxe inspire. La discipline fait parler d’elle dans le monde de la culture, passionnante et électrisante.

Durant l’Antiquité, les premières représentations riment avec beauté, divertissement et sacrifice.

Les combats sont représentés peints sur des amphores, ou sculptés. Les corps sont alors mystifiés durant ces combats spectacles travaillés, à mis chemin avec la danse, rythmés par la musique qui les accompagne.

Le Noble Art s’essouffle durant le Moyen-Âge et la Renaissance, remplacé par les joutes.

Il faut attendre le XIXème siècle pour retrouver de nouvelles représentations de la pratique de la boxe. Théodore Géricault réalise en 1818 une lithographie représentant deux personnes en plein combat, observés par une cohorte de nobles. Les mains des deux boxeurs ne sont pas protégées, à la différence des techniques antiques. Les règles de la boxe commencent à apparaître, et c’est le Marquis de Queensberry, qui en 1865, formalise les règles et les gants deviennent alors obligatoires.

Les représentations plastiques des combats documentent alors le contexte social et l’évolution de la discipline, notamment les paris sportifs et les combats d’esclaves à l’époque colonial, tout en mettant un point d’honneur à sublimer les corps.

Dans un autre domaine, Eadward Myubridge, renommé pour ses études sur le mouvement, immortalise, dans le cadre de ses recherches en photographie, un combat de boxe à mains nues en 1886. Les études sur la complexité du corps et les recherches pour retranscrire la sensation de force dans le mouvement, se prêtent alors à la technique.

 

Eadward Muybridge, Combat de boxe à mains nues (v. juin 1885 – 11 mai 1886, tiré en novembre 1887), phototype, 16.2 x 44.8 cm. MBAC. Don de Benjamin Greenberg, Ottawa, 1981.

 

Ces médiums resteront des outils privilégiés pour représenter la boxe, jusqu’à notre époque contemporaine, où les artistes continuent de s’inspirer et représenter les boxeurs, et leurs valeurs.

Les artistes contemporains, tels que Basquiat, grand passionné de boxe, Erwin Olaf, Vee Speers, John Stewart ou encore Michael Molinié, s’inspirent de cette discipline et de ses combats mythiques.

 

Jean Michel Basquiat, le Ring (The Ring), 1981, acrylique et bâton à huile sur toile, 152,4×121,9cm, Collection particulière, courtoisir Acquavella Galleries ©Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York

 

La boxe a exercé une réelle fascination sur le septième art, et ce, dès ses origines. Thomas Edison est le premier à reconstituer des matchs de boxe en studio. La comédie burlesque met l’art pugilistique à l’honneur, exploitant à merveille toute la palette de mouvement qu’offrent les esquives, les chassées, les swings et autres uppercuts, une chorégraphie à couper le souffle.

Sous l’âge d’or hollywoodien, la boxe confirme son ancrage dans l’imaginaire cinématographique. Elle trouve au passage un terrain de prédilection dans le film noir auquel elle apporte une incomparable touche tragique et désabusée. Après la série culte des Rocky et le film de Martin Scorsese sur Jake La Motta, les années quatre-vingt-dix ont vu se multiplier les films axés sur la boxe (The Boxer, Hurricane Carter, Girlfight, Ali, Million Dollar Baby, Fighter) ou la prenant pour décor (Pulp Fiction, Snake Eyes, Ocean’s Eleven, …), exploitant le potentiel dramatique d’une quête d’émancipation et de « success stories ».

Affiche : Rocky, John G. Avildsen, 1976, Chartoff-Winkler Productions.

 

« One step at a time. One punch at a time. One round at a time. »

Musique, poésie, cinéma, peinture et photographie, la boxe et ses valeurs sont autant d’outils pour transmettre un engagement, un impact psychique et humain, une vision.

 

 

Visuel d’entête : Théodore Géricault, Les boxeurs, 1818, lithographie, 42,4 x 59 cm, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts.